N° 22 -23 Août / Septembre 2006 : Page 10 à 17

C’était prévisible : la publication dans Coeur d’Afrique n°18 - 19 d’un article sur le projet de l’emphytéose Moanda a suscité des réactions passionnées de la part de nombreux lecteurs aussi bien de la RDC que de l’extérieur du pays. La majorité d’entre eux estiment que les autorités et les populations congolaises ont intérêt à accepter ce projet moyennant quelques aménagements. Projet qui, à leurs yeux constitue une véritable planche de salut pour le Congo.
Contrairement à d’autres qui pensent que l’Emphytéose Moanda est une arnaque contre la souveraineté nationale et une tentative de recolonisation du pays, ils affirment qu’en ce 21ème siècle où la globalisation a fait du monde un village planétaire où les faibles risquent de connaître un sort peu enviable, un tel projet ne pourra que rendre la RDC plus riche, puissant et compétitif. Ils évoquent l’exemple de la Chine populaire dont on connaît le profond attachement à son indépendance et à sa souveraineté, précisant que ce pays, ayant compris la situation, a pris une décision réaliste qui n’a étonné que les observateurs non avisés.
En effet, après avoir récupéré en 1997 ses territoires dont Hong Kong, jadis pris en location pour 99 ans par la Grande Bretagne qui les considérait pourtant comme des colonies, la Chine a accepté, pour y conserver son économie florissante, de proroger, pour cinquante ans, c’est-à-dire jusqu’en 2047, toutes les infrastructures administratives mises en place par les Anglais, y compris la monnaie (le dollar) de Hong Kong.
En attendant la publication dans nos prochaines éditions du courrier très abondant qui nous est parvenu au sujet du projet en question, il nous a paru nécessaire de faire parler les initiateurs.
Lesquels ont accepté volontiers de répondre à nos questions dans l’interview exclusive que nous publions plus loin dans ces mêmes colonnes.

Comme pour l'expérience réalisée à Hong Kong

« Comme pour l’expérience réalisée à Hong Kong, on veut prendre en location la Cité de Moanda ». Tel est le titre de l’article qui nous a valu les réactions évoquées ci-haut.
Il faut rappeler et préciser à ce propos que le projet initié par trois promoteurs occidentaux (Pol Mouzon, Charles Vanacker et Guido Hendrickx) s’inspire effectivement du bail emphytéotique mené à terme à Hong Kong, territoire chinois pris en location en 1898 par la Grande Bretagne pour 99 ans et rendu à la Chine à la date échue.
Par le commerce que ce comptoir a engendré, Hong Kong qui, au départ, n’était qu’un simple petit port de pêcheurs, est devenu, en un siècle, un mégapole de plus de 7 millions d’habitants et un des plus grands entrepôts de marchandises au monde avec un PNB (Produit national brut) de 230 milliards de dollars US en 1996, sur une superficie de 1.092 Km2.
Aujourd’hui encore, près de 9 ans après le retour de l’emphytéose dans le giron de la Chine communiste, les habitants de Hong Kong, jouissent d’un PIB per capita 31.072 de dollars US et ne connaissent ni chômage ni corruption.
Comme pour Hong Kong, il faut également rappeler que le projet de Moanda qui consiste en la création d’un puissant comptoir commercial et industriel sur une superficie de 22.500 Km2, soit 1% du territoire de la RDC, n’est nullement une « recolonisation » ni une « vente à crédit » de cet espace, mais bien d’un bail dont le respect scrupuleux des clauses sera formellement garanti par des actes juridiques internationaux.
A ce sujet, les promoteurs du projet affirment que l’ensemble de pays qui s’y intéressent, à savoir ceux de l’Union Européenne ainsi que les Etats Unis, le Canada et le Japon, n’hésiteront nullement à s’engager très solennellement dans un Traité, s’inspirant de celui qui clôtura la Conférence de Berlin en 1885, à défendre l’intégrité de l’Emphytéose, à la rendre prospère et à la restituer au bout du terme de 99 ans à la RDC.

Les trois gigantesques projets initiaux

Dans la phase initiale de ce que d’aucuns qualifient d’un des plus grands projets économiques mondiaux du 21ème siècle, l’emphytéose Moanda comporte trois projets phares :
1. L’aménagement du barrage d’Inga pour la construction d’une gigantesque industrie de production de l’hydrogène ;
2. l’aménagement de ce que les initiateurs du projet appèlent « le Canal Congo » qui rendra le fleuve Congo navigable de l’embouchure à Kisangani en passant par Matadi, Kinshasa et Mbandaka ;
3. L’aménagement, toujours, au niveau de l’embouchure, d’une usine de captage de l’eau douce drainée par le fleuve Congo et qui, pour la RDC, est une richesse immense et inépuisable au moment où elle devient de plus en plus une denrée rare à travers le monde.

Une opportunité de sortir le pays du sous-développement

Selon les études, la réalisation du projet exigera la construction d'infrastructures nouvelles pour l'établissement des réseaux routiers, ferroviaires, électriques et de télécommunication.

En somme, un canal reliant les eaux de l'embouchure du fleuve au départ du port de Boma et s'étendant sur 380 km afin de surmonter les 305 m de dénivellation entre Kinshasa et l'Océan Atlantique permettrait à la plupart des barges d'atteindre l'embouchure du fleuve et les ports qui y seront créés ("Canal du Bas-Congo"). La non-navigabilité du parcours du fleuve entre Kinshasa et Matadi prive les pays riverains de son cours et de ses affluents, d'un accès à la mer qui leur serait bien précieux et que les liaisons ferroviaires Kinshasa / Matadi et Brazzaville / Pointe-Noire ne peuvent combler. C'est ce souci d'assurer la navigabilité qui était, au départ, dans l'esprit des initiateurs, lorsqu'ils avaient envisagé la construction de huit écluses qui ferait monter le niveau de l'eau du fleuve jusqu'à l'altitude requise.
Avec l'aménagement du grand barrage d'Inga (le Grand Inga), la RD Congo serait, non seulement grand producteur d'électricité, mais aussi le plus grand producteur d'hydrogène au monde qui est une énergie de substitution d'avenir. Car, cette électricité est écologique.
Enfin, !a mise en place d'un réseau de télécommunication grâce à l'achat des satellites en ballons dirigeables dont les avantages en termes de coûts d'acquisition et les performances techniques sont aussi intéressants que les perspectives financières. Dans ses objectifs et son architecture, le projet a toutes les apparences d'un très bon projet. Bien qu'encore sur papier, ses retombées ne sauraient être négligeables sur l'essor économique et le développement de diverses activités, dans le pays et ailleurs, notamment en termes d'emplois à créer.
Pour susciter la confiance des populations locales et des investisseurs, les promoteurs mènent des campagnes d’explication des actions de lobbying appropriées. Ils s’emploient à assurer les Congolais du bien-fondé de ce projet qui a besoin d'un souffle, sinon, d'une caution populaire. C'est ainsi que, en plus de l'Etat, les initiateurs se sont joint un groupe de réflexion des Congolais, signe de la décrispation et preuve aussi que le tiercé gagnant dudit projet se jouera avec l'Etat, les privés et les populations congolaises (Partenariat Public Privé, en sigle PPP), lesquels se partageront la manne.
En ce qui concerne les investisseurs, les promoteurs pensent que les pays riches et les multinationales qui gèrent souvent des pans entiers de leur économie, seraient prêts à s’engager dans une vaste action d’aide s’ils avaient la certitude absolue que celle-ci soit valorisée équitablement pour le profit de chacune des parties. La création de l’Emphytéose Moanda est une solution permettant de rétablir cette confiance. Le gigantisme des fonds nécessaires pour mener à bien cette entreprise séculaire ne peut s’obtenir que par la création d’un Consortium regroupant l’ensemble des forces vives des nations riches. Ces forces sont au nombre de trois. Il s’agit d’abord des gouvernements qui détiennent les cordons de la bourse et qui décident des montants qu’ils accordent à titre d’aide sous forme de dons ou de prêts. Viennent ensuite les multinationales commerciales répertoriées dans toute une série de TOP que publient régulièrement quelques magazines financiers spécialisés en la matière comme « Fortune » pour ne citer que le plus connu. En finale, il y a les organisations mondiales comme l’ONU, la Banque mondiale, le Fonds Monétaire Internationale et surtout la BEI (Banque Européenne d’Investissement).

Les gouvernements des pays garants

Ces pays se divisent en trois catégories. Les deux premières se retrouvent parmi les vingt-cinq Nations qui forment l’Union européenne et qui se sont dotés d’une monnaie unique, l’Euro. Sept d’entre eux sont d’anciens colonisateurs qui entretiennent toujours des relations plus ou moins privilégiées avec leurs anciennes colonies toutes devenues aujourd’hui indépendantes.
Deux d’entre eux, la France et l’Angleterre ont détenu rien qu’à eux seul les trois quarts de l’Afrique. Deux autres grandes nations, l’Allemagne et l’Italie y ont perdu leurs possessions suite aux deux guerres mondiales, mais le souvenir de leur présence y est toujours vivace. Deux autres petites nations, la Belgique et le Portugal administraient respectivement la RDC et l’Angola dont la première sera le principal bénéficiaire de la fondation de Moanda, si un consensus peut être trouvé pour sa création. Signalons enfin l’Espagne qui administra l’ancien Rio de Oro devenu Sahara Occidental et revendiqué par le Maroc.
Ces sept nations ont une connaissance approfondie de l’Afrique pour y avoir d’abord implanté une administration à l’image de ce qui se pratiquait chez eux et construit ensuite des infrastructures qu’ont héritées tous ces territoires devenus aujourd’hui tous indépendants. Ils entretiennent avec ces Etats des relations bi ou multi-latérales de coopération avec plus ou moins de succès suivant la situation politique du moment. Il existe donc dans ces sept pays une volonté d’aide et un noyau important de techniciens capables de former l’épine dorsale administrative et technique de la future Emphytéose.
Les autres pays de l’Union européenne n’ont jamais eu de colonies. Ils sont cependant très attentifs à tout ce qui se passe en Afrique et participent souvent à des missions initiées par la Commission Européenne. Ils sont naturellement invités au même titre que les sept premiers à participer aux objectifs du Livre Blanc de Jacques Delors en ce qui concerne les grands travaux d’infrastructure. En dehors de l’Europe, il faut compter avec trois autres pays membres du groupe appelé G8. Il s’agit des USA, du Canada et du Japon. Ces trois Nations sont pleines de bonne volonté et s’engageraient volontiers dans une aide massive si la garantie d’un développement harmonieux, sans luttes intestines et respectant la liberté et la dignité des habitants de l’Emphytéose pouvait leur être donnée.


Plus d'avantages que d'inconvénients

De l’avis de nombreux experts congolais et étrangers, la République Démocratique du Congo aura tout à gagner dans ce projet. D’abord, en ce qui concerne le loyer qui, comme indiqué ci-haut, est évalué à 1milliard 200 millions de loyer mensuel, soit 14 milliards 400 millions de dollars par an. Pour un pays dont le budget annuel atteint difficilement 1 milliard de dollars, c’est une véritable manne qui va propulser la RDC, dans son ensemble, à un très haut niveau de développement.
Ensuite, il y a ces trois gigantesques projets (Grand Inga, Canal Congo et production de l’eau douce) et toutes les infrastructures qui vont accompagner et qui auront une grande incidence sur la vie économique et sociale du pays.
S’agissant des inconvénients, les observateurs estiment qu’ils existent plus dans l’esprit de ceux qui n’ayant pas suffisamment pénétré le dossier, sont emballés par les considérations enflammées de certains ressortissants du Bas-Congo et d’autres Congolais au nationalisme étriqué.

Ne tirez pas sur le pianiste

Nous avons déjà eu à le souligner et nous le réaffirmons : pour les Congolais et les étrangers qui ont étudié ce projet sans passion ni préjugés, la RDC devrait pouvoir tenter cette expérience qui paraît heureuse. Il ne faut donc pas tirer sur le pianiste ! Car il s’avère que les garanties préconisées par les initiateurs du projet Moanda pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Congo au-delà de la période emphytéotique constituent une preuve suffisante de la bonne foi qui anime ces derniers. Cela, en plus des perspectives de développement qu’ils offrent à ce pays grâce aux efforts titanesques qu’ils déploient pour la mise en valeur optimale des immenses potentialités sur lesquelles les Congolais sont assis depuis des siècles.
Cela est d’autant plus vrai que le projet, selon ses promoteurs et des experts indépendants, n’aurait que des gagnants : les firmes qui y investiraient seraient proches de sources d’énergie et de matières premières abondantes dans un climat de sécurité et de stabilité garant pour un long terme, les populations locales et des pays environnants y trouveraient emploi et opportunités. Ce qui, ajouté au loyer mensuel de plus d’un milliard de dollars qui lui serait alloué dès que le PNB de Moanda atteindra le niveau voulu, ferait de la RDC la Nation la plus prospère du continent africain dans moins d’un demi-siècle et hors des convoitises extérieures qu’ont toujours suscitées les richesses inexploitées de ce pays et ses frontières avec neuf autres pays voisins.
Cette tendance paraît être confirmée par une intéressante étude du Professeur Nguyandila sur « Les points frontaliers triples de la RDC ». Etude sur laquelle nous nous pencherons en long et en large dans nos prochaines éditions.

Les initiateurs joignables du projet Emphytéose Moanda ont préféré mandater monsieur José Abranchess pour faire la synthèse de leurs réponses respectives et être leur porte-parole auprès de ses compatriotes en vue d’apporter de plus amples précisions aux questions de Coeur d'Afrique concernant ce projet gigantesque

Coeur d'Afrique : Pour l’opinion congolaise, pourriez-vous, Messieurs, expliquer le sens exact du vocable emphytéose qui semble prêter à équivoque dans certains milieux de la RDC ?

R. Donner le sens exact au vocable ‘’ Emphytéose ’’ est d’une très grande simplicité. Ce n’est rien d’autre qu’un bail du genre qui lie deux parties.

Un propriétaire et son locataire. Juste un contrat de longue durée auquel chaque partie doit se conformer.
(Définition adéquate voir dictionnaires).
Dans le cas d’espèce le propriétaire souverain de l’espace en question est la RDC et le locataire un Consortium de financiers. Les membres de ce groupe seront issus des firmes multinationales. La plus célèbre des Emphytéoses est celle de Hong Kong signée en 1898 entre la Chine et l’Angleterre et qui s’est terminée solennellement le 1er juillet 1997.
La durée exigée 99 ans à l’instar de celle de Hong Kong est due aux innombrables infrastructures ‘’ pharaoniques ‘’ à ériger pour ne citer que quelques-unes : Inga 3, le grand Inga, le canal du Bas-Congo et bien d’autres. Mais aussi sécurisr la confiance des investisseurs sur le long terme

Les initiateurs de l'Emphytéose Moanda et leurs partenaires, qui sont-ils ?

Parmi les initiateurs, il y a surtout trois pilotes de lignes belges qui ont très bien connu le Congo avant et après 1960.
L’un deux Charly Vanacker est un ‘’ Mwana ya mboka ‘’ puisque né et grandi à Léopoldville et dont le grand-père ‘’Noko’’ est mort de la maladie du sommeil en 1929 et repose depuis dans les Uélés. A eux trois ils totalisent plusieurs milliers d’heures de vol au Congo et y ont atterri sur tous les aérodromes du pays dont ils connaissent très bien toutes les populations.
Quant aux partenaires éventuels, ce sont les pays riches occidentaux (Europe et Amérique du Nord) et surtout leurs banques et les grandes entités économiques qui les patronnent.

Qu’est-ce qui vous amené à concevoir ce projet et à choisir le site de la contrée de Moanda pour son implantation ?

Le choix de la formule Emphytéotique, c’est avéré comme unique solution aux yeux des initiateurs après constatation de l’enfoncement continuel de ce grand Pays depuis 1960 et suite à la quasi-totalité des échecs rencontrés par tous les procédés tentés jusqu’alors.

Quant au pourquoi la contrée de Moanda ? Quelques raisons sur tant d’autres, historiquement déjà, nous savons que c’est dans les localités environnantes de la région qu’entra pour la toute première fois la Culture Européenne. Par ailleurs, il s’y trouve un accès à la mer !
D’autre part, une eau douce se déverse en pure perte au lieu de servir une multitude des personnes, là se trouve aussi une potentialité inouïe que peut offrir le fleuve pour produire une énergie sans aucune mesure de comparaison dans le reste du monde ! Et qui ne demande qu’à être exploitée pour le bien du Congo et de l’humanité.

En quoi consiste exactement ce projet et combien va-il coûter ?

Le projet consiste, pour ainsi dire, à :
1- Assurer l’essor de l’ensemble de la nation dans tous les domaines.
2- Faire de la RDC un pays puissant, riche, fier et digne en Afrique.

Estimer le coût d’un projet aussi immense n’est pas du tout facile, vu les innombrables réalisations à entreprendre. Au bas mot rien que pour le grand Inga, 50 milliards d’€. Combien pour le Canal du Congo ?
Sans oublier qu’il y a aussi la construction d’une grande métropole ultra moderne sur la côte de Moanda qui devra être à l’image des grandes villes de pays nantis, pourvue d’hôpitaux de dernière génération, d’hôtels huppés, d’hypermarchés, de firmes, d’usines, de sociétés et compagnies de toute sorte, d’écoles prestigieuses.
Il est envisagé des très grands travaux - Réseau de Métro et de Tramway souterrain et aérien - construction d’une ceinture du genre ‘’ Périphérique ’’ ou ‘’ Ring ’’ pour faciliter l’accès aux communes et cités - réseau ferroviaire - autoroutes ...

Une certaine opinion estime que ce projet aurait dû englober toute la province du Bas-Congo au lieu de la petite portion de terre de 22.500 Km2 envisagée. Qu’en pensez-vous ?

Il est vrai que grand nombre des personnes pourraient se sentir lésées par le privilège qui semble être accorder aux habitants d’une portion de terre, aux détriments de tout les autres. Que ceux-ci se tranquillisent car hormis le fait que bien des natifs d’autres provinces du pays seront appelés à très vite travailler sur les grands chantiers, les répercussions se feront en ‘’traînée de poudre’’ vers leurs lieux d’origines.

La surface dévolue à l’Emphytéose a surtout le grand avantage d’être bien définie dans ses limites géographiques. L’immigration en sera mieux contrôlée.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l’Emphytéose Moanda cache un projet funeste visant la partition et la recolonisation de la RDC ?

Aucun projet funeste derrière l’Emphytéose Moanda. Aucune arrière pensée. Les investisseurs ne vont jamais cautionner une malveillance délibérée. Location n’est pas partition et l’ère de la colonisation n’est plus d’actualité.

Seul l’essor magnifique et grandiose de la nation est ici envisagé. Une fois la contrée développée, elle servirait de miroir et de modèle à bon nombre des pays d’Afrique et du tiers monde, qui s’en inspireront par la suite pour aussi connaître un avenir serein et certain.

Certaines gens proposent qu’en lieu et place d’une Emphytéose, vous puissiez réactiver le vieux projet mort-né de la zone franche d’Inga. Qu’en pensez-vous ?

La réponse à cette question se trouve dans son énoncé. S’il est mort-né, ce n’est pas une référence. Non. Il n’est nullement question de croire qu’une zone franche puisse attirer des investisseurs et des financiers dignes de ces noms, pour preuve, combien d’années déjà y attendons-nous ces derniers ?

Il ressort des propositions faites par les initiateurs que vous êtes, la nécessité de mettre sur pied un consortium et une fondation pour matérialisation du projet de l’Emphytéose Moanda. Quelle serait la mission spécifique de ces deux structures ?

Il est prévu en premier la création d’une Fondation qui aura pour but de défendre le projet sur tous les plans. Elle aura aussi pour mission d’élaborer les schémas directeurs du projet.

Elle sera aussi une structure charnière devant servir de trait d’union entre l’Etat Congolais et le Consortium. Et par la suite, un ‘’garde fou ‘’ pour assurer le respect scrupuleux du contrat Emphytéotique.
Le Consortium comprendra dans son sein en majorité des financiers et investisseurs de tout horizon possédant ‘’ le cash- flow ‘’ nécessaire à la réalisation de toutes les infrastructures souhaités.
Le Consortium aura le devoir de nommer à tous les échelons du territoire loué, les administrateurs et dirigeants tant nationaux qu’étrangers pour assurer la bonne marche des objectifs assignés.

Confirmez-vous l’information selon laquelle, en plus des lourds investissements qu’ils auront placés dans ce projet, les investisseurs (Passez-nous la tautologie) vont payer au gouvernement Congolais un loyer évalué à un milliard de dollars par mois ?

Il existe dans le monde des personnes possédant des fortunes immenses et toujours à la recherche d’affaires devant leur permettre de fructifier encore plus leurs avoirs et qui ne demandent qu’un havre de paix, pour réaliser leurs aspirations. Alors si en plus on leur laisse la liberté de pouvoir s’exprimer regroupés dans un consortium régi selon les règles qui les enchantent, l’on ne peut que s’attendre à des réalisations merveilleuses.

Assurer un milliard de dollars mensuel n’est en aucun doute un problème pour eux.

Selon des indications recueillies dans une de vos notes concernant ce projet, il est dit que l’Emphytéose est certainement le remède adéquat pour parvenir à anéantir l’esprit latent de corruption à tous les échelons de la société Congolaise que quatre décennies de mal gérance a généré. Comment cela va-t-il se faire ?


Le Commandant Pol Mouzon, ancien pilote Sabena, est l'un des initiateurs du projet Emphytéose Moanda :


Qu’est-ce qui crée la corruption ? La misère, le manque de dignité, l’absence de structure appelée à sévir avec fermeté tout sujet recherchant la facilité par des moyens malhonnêtes. Une tolérance zéro à une quelconque corruption sera d’application dans l’Emphytéose Moanda.
Les initiateurs sont d’avis que toute personne bien éduquée, ayant un travail décent et bien rémunéré n’aura aucun besoin de se compromettre. D’autres fléaux se verront alors s’évanouir tout aussi comme la prostitution, le vol, le banditisme...

Dans le projet que vous avez initié, il est question de la rentabilisation au maximum du barrage hydraulique d’Inga. Y a-t-il un lien entre ce projet et celui présenté il y a quelques temps par la firme Ekson pour l’électrification de toute l’Afrique grâce à la construction du grand Inga ?

Nullement. Le projet Emphytéose Moanda est bel et bien antérieur à celui d’Ekson qui est un plagiat. Le nôtre est de loin plus grandiose et plus bénéfique pour la République Démocratique du Congo. L’électrification n’est pas la seule composante du projet, la fabrication de l’hydrogène étant préconisée (un produit devant se substituer au pétrole dans pas très longtemps) ainsi que le développement dans tous les domaines tels que la fourniture d’eau douce au monde entier.

Dans un abondant courrier que nous avons reçu après la publication, dans notre édition n°18-19 de mai-juin 2005 d’un article sur l’Emphytéose Moanda, la plupart de nos lecteurs estiment que les autorités et les populations Congolaises ont intérêt à accepter ce projet moyennant les aménagement nécessaires. Quel est votre sentiment au regard de cette réaction qui provient en majeure partie des Congolais aussi bien de l’intérieur que de la diaspora ? Ne pensez-vous pas qu’il faut suffisamment informer les milieux qui s’y opposent ?

Il est certain que si ça ne dépendait que des populations Congolaises et des investisseurs, tout se ferait très vite. Mais il y a une certaine catégorie de politiciens, d'intellectuels véreux et peu scrupuleux qui croient tout savoir et qui pourtant ne font rien !

Les initiateurs sont tout à fait d’accord pour qu’il ait desaménagement, des discutions et enrichissement du projet. Les membres de la diaspora qui vivent et voient les belles réalisations dans les pays d’accueil où ils jouissent de toutes les facilités qu’ils y rencontrent à tout point de vue, ne peuvent que souhaiter le développement de leur contrée d’origine.
A tout ceux qui croient au bien fondé du projet, nous ne demandons que la vulgarisation de l’idée.

Que pensez-vous de l’intéressant ouvrage du Professeur Nguya Ndila sur ‘’ Les points frontaliers triples de la RDC ‘’?

Que du bien ! D’ailleurs les initiateurs de l’Emphytéose font cas de l’affaire.

Le livre dédicacé à l’intention du Cdt Mouzon, lui a été remis en mains prpres personnellement par l’auteur. Le bouquin du Professeur Nguya Ndila arrive à point nommé.
Sentant le risque de partition de son Pays, ce digne fils, s’est penché sur une grande étude en s’inspirant des tracés des frontières hérités de la colonisation tout en se documentant sur une très nombreuse et riche bibliographie traitant du sujet, le tout dans le but d’éveiller ses compatriotes à prendre conscience du grand danger qui les guettent et à faire très attention aux visées malveillantes.
Et la suggestion extraordinaire à retenir de l’ouvrage est la qualification de « gigantesque » qu'il accorde au projet de concrétisation de l’Emphytéose Moanda comme solution aux divers problèmes du Pays (voir page 207).

Comment voyez-vous l’avenir de la République Démocratique du Congo ?

L’avenir de la République du Congo semble incertain. Réponse donnée déjà en 1965 par le premier Président du pays monsieur Kasa-Vubu lors d’une interview après son éviction. Les années d’après n’ont-elles pas confirmé ses doutes ?

Il n’y a aucune amélioration qui se dessine à l’horizon. La descente aux enfers est inéluctable.
Les initiateurs ne pensent pas que l’espoir viendrait immédiatement des élections. Le pays est tombé trop bas. Aucun domaine ou secteur ne tient encore. Les sigles RDC ne résonnent-ils pas en quelque sorte en « air décès ».
Seul le projet Emphytéose Moanda, le relèverait à coup sûr ! C’est le levier économique magistral qui va relancer la République du Congo pour en faire un pays riche en Afrique et dans le monde. L’avenir nous démontrera que d’autres emphytéoses vont s’implanter dans le Tiers Monde. La République du Congo aura montré le chemin. Au Congolais de décider d’un avenir meilleur. Seul la volonté du peuple peut en décider.

Réponses et propos recueillis
par José Abranchess, auprès de quelques Initiateurs de
l’Emphytéose Moanda.


La vie et l'organisation
dans la future Emphytéose Moanda


La vie et l’Administration dans la future Emphytéose Moanda seront organisées à l’image de ce qui existe à Hong Kong. Ci-dessous, un bref aperçu donné par les promoteurs à ce sujet.

1- Population

Il est incontestable que plus de 90 % de la population du futur Moanda, si un jour elle atteignait plusieurs millions de citoyens sera de souche congolaise. Il est donc impératif que les émigrés en comprennent la mentalité et surtout en respectent la tradition qui, dans cette région du Congo est surtout basée sur le matriarcat.
Mais contrairement à Hong Kong où beaucoup de choses doivent être importées comme, par exemple, la nourriture, celles-ci seront largement disponibles dans l’Emphytéose Moanda. En effet, on pourra y cultiver absolument toute la nourriture nécessaire pour des millions de personnes. Il sera même possible d’y élever du bétail et d’exporter de la viande congelée dans toute l’Afrique. Les Belges en ont prouvé la faisabilité avant 1960.

2- Les premières villes

Au début, la ville portuaire de Boma sera le premier centre privilégié où se construiront rapidement de nombreux buildings et habitations pour y loger toute la main-d’œuvre qui viendra s'établir dans Moanda pour y travailler. Par après la ville balnéaire de Moanda pourrait devenir une mégapole similaire à celle de Dakar. Une ville comme Tshela quintuplera sa surface en quelques années grâce aux usines travaillant le bois qui s'y installeront. Quant à Luozi elle sera entièrement reconstruite plus haut à l'intérieur des terres lorsque le barrage de 100 m de haut que l'on construira sur le fleuve à cet endroit permettra la navigation fluviale depuis Boma jusqu’à Kinshasa. La centrale hydraulique avec une chute de 100 m y produira facilement la moitié de la capacité que l'on obtiendra avec le Grand Inga.

3. La sécurité publique

Il s'agit ici bien sûr d'un point très important par rapport à ce qui se passe en Afrique Centrale en général et surtout à l'Est du Congo en particulier. Comment vouloir attirer les investisseurs privés et publics si le personnel de ces sociétés est continuellement mis à contribution par des hommes véreux pratiquant la corruption, par des raquetteurs et des bandits de grands chemins qui infestent la vie publique dans toutes les villes du Congo.
C'est pourquoi, le maintien de l'ordre dans la future Emphytéose Moanda devra être confié (du moins sa direction) à une police calquée sur celle en vigueur à Hong Kong et à Singapour.
Pour cela, il est impératif que les agents de ces services publics soient rétribués convenablement et que eux-seuls puissent être armés. De même qu'à Hong Kong la détention d'armes de poings par des civils y sera sévèrement réprimée. Quand on pense aux centaines de milliers d'armes différentes que possèdent encore actuellement la multitude de citoyens congolais qui ne font pas partie ni de l'armée régulière ni de la police officielle, on est encore très loin de pouvoir croire que la sécurité publique puisse être assurée dans ce pays même après la transition et les élections. Par contre, si l'Emphytéose Moanda se concrétise un jour, le port d'une arme à feu y représentera, tout comme à Hong Kong, un sérieux délit immédiatement sanctionné.

4. Les Transports

Avec Hong Kong. Ce qu'il y a de certain c'est qu'avec l'extension des villes de Boma, Tshéla, Luozi et la cité balnéaire de Moanda, des moyens de transport efficaces seront mis à la disposition des habitants de ces villes.
Notons à ce stade que les routes actuelles seront préservées et étendues et que sur le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer Boma-Tshéla (démontée et volée sous le régime Mobutu) sera établi, tout comme à Hong Kong un métro très efficient. Quant à l'aéroport international de l'Emphytéose il pourra rapidement être construit sur l'ancienne base de Kitona où une piste de 5 km capable d'accueillir les plus gros porteurs y est déjà construite.

5. La couverture médicale

Une de nombreuses lacunes existant à l'heure actuelle en RDC se situe dans le domaine médical. Par manque de soins, des centaines de citoyens congolais meurent chaque jour en plus de toutes les maladies et blessures qu'ont engendrées quatre années de guerre civile.
Dès que l'Emphytéose Moanda sera concrétisée par un Traité en bonne et due forme et qu'une sécurité à toute épreuve y régnera grâce à une police disciplinée et honnête, des ONG comme "Médecins sans frontières" ne tarderont pas à s'établir pour remédier à ce déficit médical. Par après le Gouvernement de l'Emphytéose recrutera le personnel nécessaire pour assurer sur toute l'étendue de Moanda une infrastructure médicale comparable à celle de Hong Kong.

6. L'enseignement

Le système scolaire qui existait au Congo Belge avant l'indépendance. Il y avait des lacunes, surtout au point de vue des études universitaires. Mais tous les enfants congolais allaient à l'école pour y apprendre à lire et à écrire; de plus cette instruction était gratuite. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Avec l'immigration qui s'intensifiera lorsque l'Emphytéose deviendra une réalité, le tissu scolaire se rétablira ipso facto. Il est même probable qu'une université agricole y sera établie sponsorisée par le célèbre Institut Agronomique de Gembloux en Belgique afin d'y instruire les ingénieurs qui développeront tout le potentiel des fermes qui devront assurer la production de toute la nourriture nécessaire à plusieurs millions d'habitants.

7. Questions sociales et culturelles

La future population de l'Emphytéose Moanda, lorsqu'elle comptera plusieurs millions d'habitants se composera en plus grande partie de citoyens en provenance de la RDC disposant de la nationalité congolaise. Ils seront bien sûr autorisés, sans grandes formalités administratives, à s’établir dans l'Emphytéose pour autant qu'ils s'y installeront pour travailler (avec contrat d'emploi) ou y investir financièrement en apportant un capital destiné à y fonder une société créatrice d'emplois. En seront exclus tous ceux qui viseraient à ne profiter que des avantages sociaux qui seront attribués à tous les habitants de Moanda. Il ne sera pas permis de venir s'y installer avec le statut de chômeur. Tout comme à Hong Kong pour les chinois, les citoyens de la RDC représenteront plus de 90% de la population totale de Moanda.
Pour ce qui est des étrangers (africains, européens, américains et asiatiques), les formalités administratives seront beaucoup plus strictes. Pas question de venir s'établir à Moanda pour un boulot qui puisse être rempli par un citoyen de la RDC. Pas question en effet de retrouver dans l'Emphytéose Moanda cette nuée de mendiants, de colporteurs et de trafiquants de toutes sortes qui courent les rues de toutes les villes africaines .

8. Les lois sur l’emploi et la culture des affaires

A Hong Kong il n'y a aucune différence dans le salaire et les avantages sociaux attribués à un employé, qu'il soit blanc, jaune, chinois ou étranger. Il devra en être de même à Moanda. Pour ce qui est des langues utilisées, il est certain que le français et l'anglais seront à Moanda les deux langues privilégiées quant au business. Aux Congolais de déterminer quelle sera , comme à Hong Kong, la langue indigène privilégiée : le lingala (parlé par des millions de gens au Congo) ou le kikongo (uniquement utilisé dans l'ancien Empire Kongo) ? Du côté financier, il y a beaucoup de chance, si le Traité instaurant l'Emphytéose Moanda se concrétise que l'Euro (€) devienne la monnaie locale.